L’accouchement, ah… si j’avais su !

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Cet article est très personnel, mais je crois que mon témoignage pourrait aider d’autres mamans et futures mamans. Si j’avais pu lire mon propre post 10 ans plus tôt, ça aurait changé beaucoup de choses…

Aujourd’hui, cela fait 10 ans que je suis devenue maman pour la première fois, j’avais 23 ans et ma vie allait être bouleversée. J’avais bien suivi mes cours de préparation à l’accouchement, il était clair pour moi que je serai une « bonne élève », l’équipe médicale savait, moi, j’étais juste passive, j’avais juste à appliquer tout ce qu’on allait me demander de faire pour accoucher convenablement (et ça ne me posait pas de problème). Je pensais m’être renseignée sur le sujet, j’avais lu Laurence Pernoud, il n’y avait pas 36 manières d’accoucher. La péridurale ? Bien sûr j’allais la demander, elle a été inventée pour ne pas avoir mal, pourquoi la refuser ???

La veille, je m’étais rendue, toute guillerette, à mon rendez-vous du 9ième mois. Mon col était bien fermé, mais à l’échographie, mon gynécologue me dit qu’il n’y a plus suffisamment de liquide amniotique. On va devoir me déclencher. Je n’ai pas à m’inquiéter, car on est 37SA, le bébé peut naître. Je demande si on peut attendre une journée de plus, car mon mari n’était pas disponbible ce jour-là. Il me dit « Oui, mais on prend le risque que le bébé soit mort demain ! ». Ok, je comprends que c’est quand même un peu urgent et le stress commence à monter. Je dois aller voir l’anesthésite, car je n’avais pas fait ma visite. Je suis toute tremblante, elle est plutôt rassurante. Je vais faire mes prises analyses de sang, un monitoring pour savoir si le bébé va bien et si je peux rentrer chez moi pour aller chercher ma valise. C’est ok, je rentre chez moi, et j’appelle ma mère qui rentre de sa maison de vacances pour m’accompagner à la clinique. Mon mari arrivera le soir.

J’arrive à la clinique dans l’après-midi, on m’explique comment se passe un déclenchement. On va me poser un gel de prostaglandine qui devrait faire maturer le col, ensuite, si ce n’est pas suffisant, on me posera une perfusion d’ocytocine qui déclenche des contractions très fortes, souvent très douloureuses, la péridurale est indispensable. Si ça ne fonctionne pas, au bout de 48h, ou si le rythme cardiaque du bébé diminue, ça sera une césarienne.

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Le gel de prostaglandine est posé en fin d’après-midi et je ressens mes premières contractions vers minuit, lorsque je suis dans la baignoire, avec luminothérapie. L’étudiante sage-femme qui me suit, me propose à ce moment-là, de m’administrer un anti-douleur puissant (à base de morphine je crois), pour me soulager. C’est la première erreur…

L’anti-douleur me permet de dormir. A mon réveil, je ne suis pas bien du tout, j’ai la tête qui tourne, beaucoup d’étourdissements. L’étudiante sage femme refait ses calculs pour savoir si elle ne s’est pas trompée dans le dosage, car mon état n’est pas « normal ». Mon col a commencé à s’ouvrir. L’étudiante sage-femme n’arrive cependant pas à me faire de toucher vaginal correctement. C’est extrêmement douloureux, elle s’y prend à plusieurs reprises pour appeler, finalement, la sage-femme qui est beaucoup plus délicate. On me met sous perfusion d’ocytocine.

A 6h du matin, on me transfère en salle de naissance. L’anesthésiste est prêt pour la péridurale. Mais pas moi. Ma tête tourne trop, je ne peux pas tenir assise. Je demande si je peux juste, m’allonger, après ce transfert, le temps de reprendre mes esprits et m’asseoir ensuite. L’anesthésiste râle, puis dit qu’il va me faire la péridurale allongée. Il me fait toutes les piqûres, mais n’arrive pas à poser la péridurale dans cette position et me demande, de façon désagréable de m’asseoir. Ce qui est possible, car comme je l’avais dit avant, j’avais juste besoin de m’allonger un peu pour retrouver mes esprits. Je ne me sens pas respectée, ce qui me dépossède encore un peu plus de mon accouchement. Deuxième erreur, ne pas prendre le temps d’écouter la patiente (ce qui lui aurait fait gagner du temps au final…)

syringe-866552_1920L’anesthésiste est stressé, car mes analyses de sang de la veille révèlent un nombre de plaquettes beaucoup trop faible, et les analyses du matin sont pires.

La péridurale me soulage, mais, les contractions s’espacent. Vers 12h, je commence à ressentir mes jambes, les contractions sont très rapprochées. Je suis prête à accoucher. Le gynécologue n’est pas tout à fait prêt. J’explique à la sage-femme que je commence à ressentir les douleurs, et lui demande si je dois redemander une dose de péri ou pas. Elle me dit que c’est à moi de choisir. Bon, je n’avais pas fait le rapprochement entre la péridurale et l’espacements des contractions, je n’avais aucune notion des effets de la péridurale sur le bébé, bref, je n’avais pas envie de souffrir, j’ai donc demandé une autre dose… La troisième grosse erreur.

Les contractions s’espacent, l’acharnement commence. L’obstétricien m’explique tout, avant de faire quoi que ce soit. Il demande aux sages-femmes de m’appuyer sur le ventre pour faire descendre le bébé entre les contractions. C’est douloureux, elles s’appuient très fort à plusieurs reprises. Il me dit, d’un ton désolé, qu’il va devoir utiliser les spatules pour aider le bébé à sortir, et qu’il va, de ce fait devoir faire une épisiotomie. Je lui dit oui, ça ne me pose pas de problème. J’ai une grande épisiotomie, mais je n’ai rien senti.  Mon fils nait. Nous sommes heureux, il est posé sur mon ventre, et là, les malaises reprennent. Je demande à ce que quelqu’un le prenne, car j’ai peur de m’évanouir et de le faire tomber de la table d’accouchement. Il part faire du peau à peau avec son père. Moi, je suis mal, on rappelle l’anesthésiste, on me met sous oxygène.  L’obstétricien recoud le plus vite possible l’épisiotomie, avec des points très serrés, à cause de mon taux de plaquettes trop bas. Il me faut plusieurs heures pour retrouver mes esprits.

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L’allaitement se passe plutôt bien, mon bébé pleure beaucoup. Avant de partir de la clinique, mon épisiotomie me fait énormément souffrir. Une infirmière me propose de défaire un point pour me soulager. J’accepte GROSSE ERREUR !!! Sur le moment c’est un soulagement, mais les douleurs sont de plus en plus fortes. Le lendemain, ce n’est plus supportable, je retourne à la clinique pour voir mon gynécologue. Il ne comprend pas cette infirmière. Il me dit qu’il fait des points en surjet, que si on enlève un point, tout part. Donc j’ai une partie de mon épisiotomie qui est ouverte. C’est pour ça que j’ai si mal. Il me dit que ça va se remettre tout seul, et j’ai des soins infirmiers pendant 15 jours. J’étais allongée presque tout le temps, tellement la douleur était forte.

Mon bébé a pleuré pendant 2mois1/2. Personne ne savait pourquoi, il pleurait dans les bras, en promenade, dans la voiture, partout, dès qu’il était réveillé et qu’il ne tétait pas.

J’ai accouché en aout 2007, en mai 2008, mon épisiotomie était toujours très douloureuse. Je suis retournée voir mon gynécologue qui m’a dit qu’elle avait mal cicatrisé (formé une boutonnière, c’est comme lorsqu’on décale nos boutons, et qu’on met lundi avec mardi). J’ai du être opérée pour refaire mon épisiotomie. Heureusement, ce n’était pas très douloureux, et elle a vite cicatrisée, normalement.

Alors pourquoi je vous raconte tout ça ? Pas pour me faire plaindre, il y a des accouchements bien pires… Mais parce que je pense que si j’avais été mieux informée, ça aurait pu se passer beaucoup mieux…

1- L’anti-douleur, il m’a été proposé alors que je n’avais rien demandé. Je n’ai pas demandé les conséquences. J’aurai pu continuer sans. Mais au pire, même si j’avais accepté, ça aurait pu être arrangé ensuite

2- J’aurai pu m’affirmer devant l’anesthésiste, et dire que « non, là, j’avais besoin de m’allonger 1 minute, que je savais que ça allait passer ».

3- J’aurai pu m’informer sur les effets de la péridurale. Si j’avais su que ça pouvait ralentir le travail, je n’aurai pas demandé une autre dose. Si le travail n’avait pas été ralenti, je n’aurai probablement pas eu besoin que les sages-femmes s’appuient de tout leur poids sur mon ventre et que le gynécologue utilise les spatules, donc pas d’épisiotomie, ou beaucoup plus petite.

4- Si j’avais connu l’existence de points en surjet, j’aurai pu demander à l’infirmière si elle était sûr que c’était possible de m’enlever un point, de demander au gynécologue son avis. (Bon, là, je pense que c’est quand même à l’infirmière de savoir ça, mais si j’avais lu un article comme celui que j’écris aujourd’hui, j’aurai demandé l’avis du gynéco)

5- Si j’avais eu plus confiance ne moi, et plus d’informations, je n’aurai pas attendu 9 mois pour retourner voir mon gynécologue et lui parler des douleurs de mon épisiotomie.

baby-1681181_1920Pour la petite histoire, mon deuxième accouchement a été ultra rapide. 1h30 entre la première contraction et la naissance. Mon bébé est né 45min après notre arrivée à la clinique. Je n’ai pas eu le temps d’avoir la péridurale. Je n’y étais pas préparée, c’était très douloureux, mais merveilleux ! Mon troisième accouchement aurait pu être un remake du premier. Déclenchent pour manque de liquide amniotique avant terme. Mais cette fois, ça a été rapide. Le gel de prostaglandine a suffi. 3h seulement. J’ai demandé la péridurale, j’ai senti que ça avait ralenti le travail, mais je sentais tout, et j’ai pu accoucher relativement rapidement. Pas d’épisiotomie pour mon deuxième et troisième accouchement.

Entre temps, je me suis formée à l’accompagnement à la parentalité, je me suis documentée sur les accouchements, la péridurale, etc. Pour un quatrième accouchement, ça serait sans péridurale, un accouchement physiologique, dans la mesure du possible.


Quelques ressources pour s’informer, et surtout, faire ses choix en conscience :

Il y a énormément d’informations sur internet, voici un site et quelque livres, je vous laisse aussi faire vos recherches par vous-même.

http://naturellemaman.com

« Elever son enfant autrement » Catherine Dumonteil Kremer (j’ai beaucoup appris sur la partie grossesse, les préparations à l’accouchement, les témoignages)

« Césariennes: Questions, effets, enjeux. » Michel Odent

« Intimes naissances. Choisir d’accoucher à la maison » Juliette et Cécile Collonge






Une Une loi contre la fessée, mais pourquoi donc ?

Lors d’une soirée, j’ai entendu un papa exprimer son mécontentement : « Dire qu’on ne pénalise pas pour des actes de délinquance et que nous allons aller en prison pour avoir donné une fessée à notre enfant ! Où va le monde ? » Et si justement, cette loi nous permettait d’aller vers un monde meilleur ?

Alors, pourquoi une loi contre les châtiments corporels  ?

Parce que si nous voulons éradiquer la violence dans ce monde, il faut commencer par élever nos enfants sans violence.

Alice Miller établie le lien de cause à effet entre les violences subies pendant l’enfance et la violence exprimée à l’âge adulte :

« L’opinion publique est loin d’avoir pris conscience que ce qui arrivait à l’enfant dans les premières années de sa vie se répercutait inévitablement sur l’ensemble de la société, et que la psychose, la drogue et la criminalité étaient des expressions codées des expériences de la petite enfance. » Extrait de  « C’est pour ton bien » (1980)                                                      

Dans cet ouvrage, on découvre ainsi l’enfance de Christiane F, droguée, prostituée, d’un jeune infanticide allemand et celle d’Adolphe Hitler.  Aujourd’hui, on sait aussi que les terroristes tels que Mohammed Merah, les frères Kouachi ont vécu une enfance violente.

Certains diront « J’ai été battu, j’ai reçu des fessés, j’ai été humilié et je ne suis ni drogué, ni criminel, ni terroriste ! »  Et heureusement ! Cela fait des millénaires que nous élevons nos enfants dans la violence éducative, si nous devenions tous criminels, il y a bien longtemps qu’il n’y aurait plus d’humain sur Terre ! « Toutes les victimes ne deviennent pas bourreaux. Mais tous les bourreaux ont été victimes. », nous dit Alice Miler, elle l’explique en parlant des personnes secourables :

« Il est intéressant que dans les enfances de tous ces dictateurs, comme aussi dans ceux des criminels en série, on ne trouve pas de personnes que j’appelle « les témoins secourables » Il s’agit de personnes que presque chacun de nous connaît, quelqu’un qui nous a aimé, qui nous a donné un peu de chaleur, un peu de confiance en nous. Grâce à la présence d’une telle personne (même très passagère), nous pouvions développer l’espoir de trouver l’amour dans notre vie. Mais si une telle personne ne partage jamais la vie de l’enfant en le réconfortant, celui-ci ne connaîtra que la violence. Il la glorifiera et la perpétuera. »

Parce que les dernières recherches ne neurosciences montrent les effets néfastes des humiliations, physiques ou morales sur le cerveau de l’enfant.

Le docteur Catherine Gueguen l’explique dans son livre « Pour une enfance heureuse »

https://youtu.be/oJzBvmzibD4

Parce qu’aujourd’hui, en France, 2 enfants meurent par jour sous les coups de leurs parents. En comparaison, en Suède, pays où les châtiments corporels sont explicitement interdits depuis 1979, 3 enfants meurent par an sous les coups de leurs parents…Ça se passe de commentaire… (Source : INSERM)

L’objectif d’une loi contre la fessée n’est pas d’envoyer les parents en prison, mais des les aider à faire autrement. Les parents sont souvent démunis face aux comportements de leurs enfants. Certains comportements les font sortir de leurs gonds, une montée de stress, cortisol et adrénaline au plafond, et BAM, la fessée est partie ! Il existe des solutions alternatives aux fessées et punitions. Une loi contre la fessée, permettrait d’informer les parents sur les effets des violences éducatives ordinaires et d’accompagner les parents vers une parentalité plus respectueuse de l’enfant.

Le gouvernement vient de publier le Le-livret-des-parents, dans lequel il recommande une éducation non-violente. Sommes-nous sur la bonne voie ?


Le livret des parents

Le gouvernement vient de publier le livret des parents, dans lequel il recommande une éducation bienveillante. 😀Livret des parents

Les effets néfastes des châtiments corporels et des humiliations (dont les punitions)  étaient déjà prouvés scientifiquement, mais le gouvernement ne se positionnait pas clairement. Avec ce livret, c’est un grand « Oui » à la parentalité positive!  

Sans culpabiliser les parents qui sont souvent démunis face aux comportement de leurs enfants, ce livret rappelle l’importance du soutien à la parentalité.

Voici un extrait de la page 7:

 » Et le recours aux punitions corporelles?

Face à ces nouvelles explorations, votre enfant aura besoin que les repères, partagés par les parents, soient posés et lui soient expliqués. 

Frapper un enfant (fessées, gifles, tapes, gestes brutaux) n’a aucune vertu éducative. Les punitions corporelles et les phrases qui humilient n’apprennent pas à l’enfant à ne plus recommencer, mais génèrent un stress et peuvent avoir des conséquences sur son développement. 

Sans culpabiliser les parents, qui à un moment n’ont pas imaginé d’autres solutions, il est possible de trouver des appuis dans les lieux de soutien à la parentalité pour une éducation sans violence. »

Je vous laisse découvrir le livret en entier ici : Le-livret-des-parents

Bonne lecture!